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HISTOIRE DE L'HÔPITAL DE SECLIN (4/4) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Michel Vieux   
30-08-2006

L'hôpital Notre-Dame géré au plus juste par religieux et laïcs

 La gestion de l'hôpital Notre-Dame permet de voir un fonctionnement rigoureux et surtout très codifié. Il faut dire que la communauté possède des propriétés agricoles, sources de revenus et d'intendance.

     Quel est le point commun entre Vieux-Berquin et Seclin? les propriétés de l'hôpital de Seclin. «Elles s'étendent sur 300 hectares, dont Vieux-Berquin représente presque la moitié (141 exactement)», certifie Sylvie Évrard, qui prépare une thèse d'histoire sur les soeurs Augustines dans le Nord. Les soeurs Augustines sont à l'hôpital Notre-Dame depuis sa création, en 1246. «Les propriétés dépassent les deux tiers des ressources, 67,5pour cent, au milieu du XIXesiècle. Plus du cinquième des revenus vient de rentes sur État, 8,5 pour cent des coupes de bois, du produit de la location de la chasse, des ventes d'herbe et du produit des jardins et des bois, continue Sylvie Évrard. On ignore, dans le total des revenus, la part de chaque commune voisine pour les malades admis à l'hospice, voire les dons des particuliers.» L'hôpital dépend du préfet pour beaucoup de choses. C'est lui qui donne son agrément pour les dépenses.

    Prérogatives préfectorales

    «Parmi tous ces agréments, certains ont retenu mon attention, s'amuse Sylvie Évrard. En 1813, le sous-préfet, dont l'aval peut suffire, autorise l'hôpital à acheter des chandelles, du vin rouge et du vin blanc de Macon, de l'huile de colza, du beurre et du charbon. Dans le même temps, il intervient auprès du maire pour faire baisser le prix de la viande, de la bière forte, du sel, du savon noir et du pain. Trente ans plus tard, l'adjudication n'est plus de mise. Elle n'est plus jugée nécessaire pour les produits estimés de peu d'importance. Et pourtant, l'on parle de fleur de farine, de farine, de graines de lin, de pommes de terre, de charbon de bois, etc.» Cette administration de l'hôpital est à la base le fruit des médecins et des administrateurs. À Seclin, la commission administrative se réunit deux fois par mois, les premier et troisième jeudis. «Sans être au-dessus, il y a un poste central dans la gestion: c'est l'économe, précise Sylvie Évrard. Ses prérogatives s'étendent même vis-à-vis des religieuses. Elles dépendent pourtant d'une mère supérieure. De 1793 et jusqu'au début du XIXesiècle il a occupé en même temps les fonctions de directeur. Alors qu'il doit se cantonner, dans ses fonctions habituelles, à l'approvisionnement et à la distribution des denrées et autres objets de consommation.» Une interdépendance qui symbolise les rapports entre l'Église et l'État. On ne peut pas se passer de la compétence médicale des soeurs; mais l'État ne veut pas laisser une exception se développer. Surtout après la Révolution.

 
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